29 mai 2008
Bientôt (mais pas assez)
Se distend la vrille des courses haletantes
Se polissent les tiraillements de l’attente
Une insolite félicité se dévoile
Saisissant la silhouette de nos étoiles
Derrière nos souffles encore oppressés.
Le paradis est une contrée
Qui borde nos sentiers
L’âme bien en dedans,
Je nous rêve en grand.
27 mai 2008
Aux portes de la métamorphose
Je dépeins leurs paysages en aquarelles, dans le reflet d’une eau aux semblants d’irréel, pourtant aux luttes à mains nues avec un cinglant réel qui ne prend jamais de gant.
Ce sont eux qui jouent à être la main du maître, et j’ai la délicatesse d'avoir choisi de les reconnaître.
Ces âmes égarées, au beau milieu de leurs figures et de leur propre sens, ces Hommes pourtant empreints d’une vive essence, d’une magique iridescence, d’une propre décence. Un peu de divin déteint sur leurs contours en pointillés, étayant leur soif titillée de s’élever dans l’harmonie.
De détacher leur vie d’un amour propre qui se nie.
D’amours morts qui leur nuit.
D’une existence qui s’ennuie.
Et j’apprends à dépeindre leurs visages dans l'écho muet d’un tambour invisible et aérien qui accorde leurs aspirations, transmutant leurs transpirations, dans l’espoir audacieux, d’apaiser leurs déraisons.
Ils peinent à enraciner leurs forces, ne s’essoufflent qu’à la lueur entêtante de ce qu’ils ne voient plus que comme d’immuables détresses, un doux vent d’égard et d’unicité pourtant les caresse. Si seulement pouvaient-ils avoir en eux l’ambition de le ressentir à fleur de peau au lieu d’amenuiser leurs forces dans leur propre déférence.
Et lorsque chaque nuit éclot dans un silence dense et que la lourdeur de leurs peines accable leurs frêles épaules, la providence qui résonne au fond d’eux mue pour les rappeler et voler à leur rescousse. Les agitant de secousses, pour qu’ils se redressent et se poussent.
Vers un regard indulgent sur leurs souffrances qui puisse les réveiller, vers la Lumière qui puisse les éveiller.
Tout n’est que question d’Ignorance et de sa conscience.
J’enfreins la loi des Hommes pour vernir celle de l’Universalité, une main posée sur le coeur, et l’autre sur la douleur, l’âme tendue comme un arc vers l’horizon des possibles, rêvant d’une clémence éternelle pour les esprits fourbus et rebelles.
Nul ne peut se perdre dans un tel sentiment d’humilité, car elle est souveraine dans le monde de la pureté. Les larmes en sont le somptueux tapis rouge. Là, je l'ai vu se dérouler tout seul.
Dans mes songes et mes prières, j’ai repeint leurs paysages, esquissant la douceur inavouée de leurs visages, amortissant leur tumultueux passage. De mon seul regard aimant.
Je ne sais plus qui je suis parfois, ni où mon âme me demande d’aller. Je soigne mes blessures dans la tentative de construire sur mes terres arides des sentiers bourgeonnant de mes manques écoutés. J’ai offert l’oreille de mon coeur à la petite fille que je suis encore.
Elle se sait aujourd’hui regardée. Elle se sait enfin admirée.
Tout n’est que question de (re)Connaissance et de sa conscience.
Nos vies sont vie et danse, nos vies sont vides denses, nos vies sont Evidence.
Mademoiselle
Sur ma page blanche, le temps laissé en plan...et mes sentiments tachés d’encre, ancrés dans la terre, l’éther et les traits en mutation des êtres qui me frôlent l'âme...en mission. Le désert...
Sur ma page blanche, la connaissance immaculée, et l'ignorance innocentée. Des heures passées à définir et à redéfinir les tournures que prend l’amour qui se forge en moi et dégorge, sans jamais en finir. A vouloir en mourir, ....parfois. Presque jusqu’à en mourir...à chaque fois. Sur ma page blanche, des traces de moi qui s’estompent, se trompent alors. Faisant refleurir la vie sur mes sourires et dégageant la vue imprenable sur mes soupirs. Sur ma page blanche, rien et tant pourtant....je l’espère pour encore longtemps. Le voeu d’épouser l’essor, d’alchimiser le sort. Une envie farouche de me battre pour Aimer, oh non... plutôt m'évertuer ou me desserrer, pour mieux défier toutes mes courses endiablées vers mon soleil, les tranquilliser. Sur ma page blanche, l’Amour...en grand... et dans un grand (passage) vide pas sage et sans présage. L’impression ultime de mettre tout de moi dedans.
Me sentir à nouveau Mademoiselle.
26 mai 2008
Charité
Quelques souffles de joie
En gourmandise, en légèreté,
Je suis conquise, je suis exaucée,
Quelques bouffées de moi,
Comme une douce humeur
Qui m’agite un peu le coeur
Instillant un peu du bonheur
Que j’ai appris, dans ma pâleur,
A reconnaître par coeur
Je m’étire
Loin de la frénésie
Dans mon île amie
Bien établie
Loin du bruit
Et des soupirs
J’apprendrai à m’abriter
Pour ne pas me voir m’effriter
Abhorrant les dissimulations
Arborant ma candeur
Me réparant dans mes palpitations
Remodelant mes couleurs.
23 mai 2008
Balade dans nos nuages
Je suspendrai le temps pour ne jamais cesser de nous contempler aimants, prêtant mon oreille cristalline à tous nos ébrouements, et m'émerveillant de la substance qui fait de nous des âmes étoilées, nobles dans leurs étreintes, mais nobles aussi dans le regard qu'elles offrent au firmament. Des yeux grands ouverts sur le monde, à la fois pétris de crédulité et de gravité, et sertis de l’espérance veloutée mais insatiable de nous y rencontrer encore, pour continuer à nous dire sans nous démentir, à nous ensorceler sans nous désenchanter.
Je suspendrai le temps pour qu’il nous hypnotise de son éternité, et qu’il admire nos vies vastes d'émulation quand elles façonnent de leurs ailes, le zèle inéluctable à notre complétude.
Je suspendrai le temps pour faire de nos sombres vagabondages une toile pour y verser nos taches de lumière, dans la sagesse et l’abondance, avec la bienveillance complice du lendemain qui sait chanter juste.
Et de ce voyage au long cours je voudrais, Mon Amour, t'emmener jusqu'au bout, en gardant cette image immortelle clandestinement nichée au creux de moi, de nous deux nous aimant dans la simplicité, ma corde sensible vibrant naturellement sur la tienne.
[Mon amour je voudrais
Que l’on s’éternise dans un bain de juillet
Qu’on se saoule de nous
En s’offrant des Je t’Aime
Que nos corps s’épousent
Et qu’ils s’en oublient même
Que l’on pende à son cou
La mort et ses valises
Qu’on la fout dans un trou
Le temps qu’on s’éternise
Dans un baiser de lune
Qui n’appartient qu’à nous
Mon Amour je voudrais
T’emmener jusqu’au bout]
21 mai 2008
Silence
J'avais saisi au travers de ses mots la chair de son coeur,
Les viscères de sa vie,
J’avais décrypté dans ses lignes la véracité de ses états d’âme,
L’évidence de son devenir.
Il me semble parfois qu’il est parti
Celui qui se racontait dans la fougue et la fureur,
En crachant des mots
Comme pour dénicher une preuve
De la réalité de sa présence
Creusant dans les sillons de ses douleurs.
Celui qui, croyant mettre en avant sa laideur,
Ne faisait que s'enluminer de splendeur.
Celui face à qui j’avais le sentiment
De me relier à une luxuriante profondeur
De palper de mon âme la préciosité de son Or.
J’avais tant vibré de lui au dedans
Même sans pouvoir l'appréhender du dehors...
Il semble s’être dissimulé
Celui qui livrait son essence avec pudeur
Mais dans la vérité,
Peut-être ai-je trop vite cru pouvoir l’apprivoiser,
Ses cris demeurent si étouffés...
Le don sonne en lui comme une injure
Une irruption dans l'inconnu qui angoisse.
Et si le mutisme me fait parfois l’effet d’une mutilation,
D’un lien qui s’effiloche sèchement,
Je lui dois pourtant le respect de sa cadence,
L’accueil de ses refus,
La bienveillance de ses omissions,
Toujours perpétrés dans un silence
Qui ressemble pourtant à la mort,
A un mur qui ne sait même plus
Rendre hommage aux lamentations,
Un rempart épais et glacial,
Enigmatique et impénétrable
Qui bâtit les fondations de ma prison.
Si le silence est d'or,
Et me dore l’âme
Par le vide infini qui sert la création
En composant l'amour dans toute sa plénitude,
Il sait aussi qu’il m’endort et me ment,
Froissant amèrement mes plus nobles élans.
16 mai 2008
Des rêves en évolution ...
La vie, le rêve, la trêve, des élans de moi pour entretenir ma destinée, une furieuse envie et des flots d'étreintes dans l'invisible, pour que chacun de mes pas s'acharnent à aimer, cessent de m'engloutir. La vie mêlée au rêve, la trêve et ma réalité, de nobles ambitions échafaudées, l'irrérérenve profanée. D'exquises respirations. Une émotion d'exception. Mon ignorance s'agace. Mon intuition s'agence. Même si la révolution se fait douce et sirupeuse, elle est là. Sucrée et sinuant au dedans de moi...
13 mai 2008
En vol
J’ai l’aile battante qui batifole dans des nuages flottants de sérénité. Mon coeur de reine s’est épris d’un aveugleument mis à mal. J’ai le dos qui se redresse. Mais qui demeure encore lourd de pas proches qui claironnent aussi fort que mes besognes. La crainte de me montrer trop primitive jouxte et s’entortille avec le sens que mon regard a de la justesse. Lorsqu’à midi, le soleil réchauffe le monde d’une douceur écrasante, et semble redonner espoir en jouant, avec effronterie, la scène de l’apesanteur caustique, ma vie s’enorgueillie d’accepter de m'approprier l’intime qui entoure ce qui se trame au-delà de moi. De cette universelle vastitude qui nous contient tout entier, la destinée avec. Cette destinée que je serre tout contre moi. Que j'enserre en moi. Et qui me pousse souvent dans les rouages d'épileptiques imprudences, me laissant éparpillée mais que je ne laisse jamais m'étouffer. Je touche parfois du bout de l’âme un eldorado. Celui qui me donne à croire que je suis une héritière du don d’amour. Il ne s’agit pas tant de l’être puisqu’il est là le fondement de nos vies ici, mais d’en prendre la vocation à bras le coeur.
02 mai 2008
Du feu frisant la glace,
Des aveux et des tonnes de grâce,
Des câlins jouxtant la froideur,
L'ambition jouant sur l'honneur
Une bonne raison donnée au bonheur
Ils adoucissent mes pas errants,
Mes parents.

