31 mars 2008
Close-combat
A tenter inlassablement de repousser au loin mes dérives, j’arrive, même lasse, au moins à épouser un peu mieux mes rives, et dans le feu mordant de l’aveu, à mettre à mort au dedans ma dispersion, aux abords de mes douces diversions. Sans oublier d’épousseter chaque recoin de ma vie, ni de déboulonner le gain de mon ennui. Pour tenir debout. Je casse mes chaînes, agace mes haines pour me tailler dans le réel, et batailler crûment dans l'essentiel. C'est ma veine. C'est mon ciel. Et si je me sais de taille, à m’épuiser par le jeu de mes propres failles, j’explose sous l’enjeu des doutes qui m’assaillent, mais ose l’écoute de moi qui sûrement me ravitaille.
Je ne sais pousser qu’à l’air libre.
Mon clair-obscur
S’écrase dans l’amertume de mon café
Mêle son nuage de lait frémissant
A mes pensées acides
A mes démarches nébuleuses
En flaques légères
En nuées libertaires
A ma fenêtre, un écumeux chaos
L’écho de mes tâtonnements
Je reste muette devant tant de peut-être
28 mars 2008
L'allégeance
Il m’arrive de plier sous le poids
De mes turpitudes et mes astreintes
Tu sais me déplier sous l’émoi
De ton amplitude et tes étreintes
27 mars 2008
L'état des choses
De naître de rien pour l’autre m’a appris
Qu’il faut être doux pour soi
De n’être rien pour l’autre m’a appris
Qu’il faut être tout pour soi
26 mars 2008
(Ré)Conciliation
Le coeur se déversant de ma fenêtre
J'arrête le temps, ses affres et ses guêtres
Pour cribler l’univers anxieux et scindé
De mon regard crédule et étoilé
Je me fais alchimiste
Pour transformer le terrorriste
Que je suis à mes heures de détresse
Il est de ces auto-caresses
Qui sont de vraies prouesses.
19 mars 2008
Nous sommes
Nous sommes des amoureux libres
Des âmes poudreuses et ivres
D’un bonheur qui patiemment se bricole
De brisures qui furtivement se racolent
Nous sommes des amoureux libres
Des âmes houleuses d'un givre
Cramponné à nos mémoires braisées
Crépitant sur nos aigreurs biaisées
Craquant sur nos coeurs blessés
Nous sommes des amoureux libres
De nos jouissances qui convolent
De nos irrévérences qui s’envolent
De nos gravités qui décollent
Dans l’élan évident
De nos charmes qui enjôlent
Et qui nous cajôlent
Nous sommes des amoureux libres
Qui dessinent un peu de la grandeur
De l’amour véritable
Sur la toile de fond, d'art et d’honneur
De nos êtres indomptables
Nous sommes des âmes poudreuses et ivres
Des signes vagabonds d’un équilibre
Fragile, mais enrobé de notre velours
Il tapisse notre désir de vivre
Il est notre recours
14 mars 2008
De la joliesse
Dans ma trêve
Il y a ses ravissantes mains
Pour courtiser ma peau caramel
Dans mes nuits brèves
Il y a ses mots de satin
Pour dérider mon ciel
Au coeur de nos fièvres
S’ébattent nos désireux chemins
Pour façonner un noble réel
11 mars 2008
Le clown triste
Ses mots sont comme des couperets, ils tranchent dans le vif et cisaillent le coeur, horreur... ils se vêtissent d’un air incisif et assaillent toute erreur. Ils taillent dans le leurre, la lame sans un son et moi, je continue à mordre, à mort, à l'hameçon du bonheur. A la bonne heure ! Parce que de l’amour à la haine, il n’y a qu’un tout petit pas. Et puis un seul trait. Et ça, ça vous mène au trépas. A l’adieu fait aux souvenirs d’une jolie complicité, aux joies d'une simplicité avortée. Puisqu’il faut parfois savoir se délester pour moins se détester, s’isoler pour ne plus se sentir désolé, se réchauffer pour mieux s’échauder. Adieu à l'idée d'une vie d'alliés. Puisqu'il faut parfois savoir s’écarter pour ne plus s’écarteler, s’écouter pour ne plus s’écourter...Ses mots ont fait pire que me tuer, ils m'ont fait reconstruire un empire, ressuscitée d’une mort improbablement annoncée, annonce probante et suscitée d’un modèle préfabriqué qui s’est effrondré. Le signe de maux d'ailes infirmes. Infime nuance. Effrayante évidence. A force de se vouloir se fondre, on finit par se confondre...Ses mots sont un filet de violence, un flot d'auto-maltraitance. J’ai choisi de n’en garder pour moi que la férocité et la véhémence. Salutaire évidence. Pour mieux me défroisser. Pour mieux les abolir. Pour mieux me cultiver. Pour mieux me polir. Ses mots sont le déversoir de sa conquête illusoire, ils ont le goût amer de l’innocence et de l'ignorance en avance. D'une quête d'authenticité et d'une indépendance en retard. J'abdique, il est déjà trop tard. Ils sont le dégoût à mort de son propre irrespect. Et de sa sale irrévérence à mon égard. Douloureux hasard qui sait pourtant à chaque fois où il nous égare. Non, ce ne sera pas Jusqu’à ce que la mort nous sépare. Ses mots sont comme des couperets, ils n'ont jamais su s’intéresser. Ils sont aujourd'hui le triste écho de cet amour qu’il n’a jamais su se porter. Et de ma chaleur sinistrement jetée en pature, il ne lui reste que le reflet de celle qu'on ne lui a jamais donnée.
A mon clown triste, je ne saurai plus apporter la paix.
10 mars 2008
Princesse coquillage
j’ouvre grand mes prunelles médusées
pour découvrir l’immensité de ton monde
je t’offre des plages irréelles de rareté
et les soupirs de ma respiration profonde
j’exulte au coeur de tes remous
et j’aime à te regarder devenir fou
le corps en exergue et le coeur chaste
l’âme en conquête et le regard vaste
je te murmure une mélodieuse ritournelle
mon intime espiègle entrelaçant tes vagues
pour que ton ultime tenue de galant rebelle
sur mes brassées radieuses joyeusement divague
je lève le voile sur les fugues de ta foi
et dans tes contrées chamarrées je fredonne
à qui l’entendra, tantôt en écho tantôt chuchoté
la promesse d’être un jour pour toi
une princesse coquillage, une madone
un écrin pour ton coeur cossu et immaculé
une multitude d’enfantillages pour t'entendre rire
la latitude de pays sages pour te voir t’attendrir
celle qui te dévore ou te couronne
celle qui t'honore et te désordonne
je serai
je le sais
une douce oasis pour toi ma perle
ton iris, ton île intemporelle
Aérien, l'air de rien
Un peu de rien
Être un peu partout
Un peu nulle part
L’esprit épars
Mais l’âme en émule
Et survoler sa bulle
Du dedans
Comme on soufflerait dessus
Du dehors
Sans vergogne
Avec frivolité
Et le besoin flagrant
De se faire grand bien
En étant un peu de rien
Sans insouciance
Et beaucoup de tout
Sans méfiance
Oser être en soie
Et se poser sur soi
Être un ailleurs, un partout
Et peu finalement sur tout
Être beaucoup surtout
Et pour le coup
Être beau surtout





