31 mai 2007
Effervescence du voyage
J’ai rangé mes épithètes et dressé mes en-têtes, je mets aujourd’hui les points sur les i et sur tous mes accents, qu’ils soient penchés à gauche, inclinés à droite, bancroches ou irréguliers, j'ai farfouillé dans cet immense bazar que sont les tréfonds du coeur pour n'y trouver que l'héritage de joutes interminables et de pleurs restés sans écho et sans consolation, j'ai cherché parmi les innombrables brassées d'émotions ce qu'il me reste de providentiel quand elles se sont évanouies sous la douce caresse illusoire ou boiteuse d'un bonheur réinventé maladroitement dans les moindres détails, j'ai imaginé qu'on pouvait ne plus me voir passer au détour d'une rue, au travers d'une porte, dans les dédales de vos errances...M’y suis-je perdue pour autant ? Non...J'y ai retrouvé la saveur des longues heures de marchandage avec l’autre qui se proclame être mon miroir, la transparence de mes passages ici et là au détour d’une petite vie où l’imaginaire m’a vu grandir comme une déesse...Imperfection de la nature...Salut des âmes...J’ai refait glisser mon doigt sur chaque empreinte des chemins déjà explorés avant mon arrivée pour découvrir que la certitude n'est qu’une éphémère impression... J’ai épousseté mon passé tout en ne décortiquant que les bribes qui me paraissaient glorieux, oubliant sciemment de creuser dans la pierre coriace des moments douloureux...On se masque, pour ne plus se reconnaître alors...On s’enfuit de soi, et l'inachevé finit immanquablement par rattraper...J'ai démarré en trombe de nouveaux chantiers, menant de front l'intendance des chaos qui m'ont vu me cogner à l'incompréhension humaine, aux jugements naïfs et sans fondements...J’ai y laissé des plumes inestimables... des glissements de terrain ont affaibli mes fragiles fondations aux semblants de forteresse....J’ai éparpillé mon histoire comme on espère distribuer des palmes d’or aux prometteurs de sagesse...seuls les esprits sataniques ont manifesté de la gratitude envers cette quête d'authenticié...un moyen pour eux d'encore détruire en silence ? Je n’ai fait qu’émietter mon honorabilité...j’ai sauvé ma peau des ponctions irraisonnées et des réflexes naturels d’âmes vagabondes et assoiffées de salut...J'ai voulu aller chercher ce qui gît au plus profond de l'homme, pour y retrouver l'originelle pureté et m'en couvrir des pieds à la tête comme pour me couronner de servir à quelque mission utile pour l'humanité, j'ai rêvé de transformer la laideur en beauté pour qu'enfin les coeurs cessent d'aimer saigner, j'ai arpenté cet escarpement si revêche qu'est la dureté innocente que dépeint l'espèce humaine...j'ai voulu déterrer de l'or dans les mains du damné...je n'y ai trouvé que des cendres qu'il passait des heures à choyer...des braises consumées qui m’ont poussé à frapper aux portes des ombres et de l'opacité...Parce que l'histoire de ceux qui partent en quête de lumière se jalonne toujours de rendez-vous programmés avec l'obscurité...comme pour tenter de parvenir à y voir enfin plus clair...

30 mai 2007
L'aimante songe
Je songe à nos caresses qui dilatent le temps et atrophient la distance où nos ombres s’exposent impunément...à l’alliance sans cesse renouvelée de nos deux âmes en transactions, en transition. Eloquence d’une passion qui défile, mince et gracile, sur le fil de la déraison et la lame de l’éclosion...Je songe à nos plongées abyssales dans le regard de l’autre où noyés d’ardeur et exaltés de fascination, seul subsiste ce lien de toujours qui crie, s'exclame et jouit en silence. Je songe à la ligue que forment nos mutismes, au pacte qu’ont signé nos mots d’amour feutrés ou retenus...Je songe à nos émois (oh oui toi, toi et toi...) et à l’apogée de nos plaisirs indécents, à la divinisation de nos entrelacements...Jeux de force, bravade de l’emprise, joute éprise...Je songe à notre séculaire mémoire qui nous retrouve aujourd’hui ignorants, inconscients...Ambivalence de notre corrélation extravagante et singulière...Je songe à notre faim jamais inassouvie de l’autre, à cette capricieuse appétence qui fait palpiter nos sens dans l’explosion, dans l’implosion...et déterre la sève millénaire de notre essence....Je songe à ces morceaux d’histoire que nous remettons sur la table, pour faire table rase du passé...à ces bouts de vie que nous mettons en jeu, pour en rejouer un nouveau chapitre...Epique et trucculente sensation...Je songe à ce qui nous ramène indiciblement vers nous-même, au creux de nos émois splendides et saisissants...Je songe aux vagues d’abondance et d’exubérance qui dessinent nos faces à faces et nos corps à corps....dans la pudeur, dans la révérence...Délictueuse rencontre d’âmes....J’y songe...
Légende de l'intelligence
Les hommes et le monde, des temps de frondes, sourdes et belliqueuses, des combats ancestraux qui ont guidé leurs quêtes, les assauts de survivre dans un monde que l’on ne reconnaît qu’à travers ses propres yeux, la diligence de se tenir la main pour franchir tous les ponts, qu’ils soient de bois cisaillant ou de métal tranchant, l’adresse et la sagesse de s’étendre sur la mousse qui tapisse nos forêts pour adoucir nos heures, nos erreurs, nos moeurs. Ecoute les secrets qui bruissent dans le cosmos... Les hommes et le monde, des temps de lutte miroitant les innombrables collisions contre soi-même. A chaque aube, les esprits s'éveillent et s'étirent. A chaque aube, ils cherchent à
comprendre, à rejoindre. A se rejoindre. De la différence naît l'extrême chaos de nos rencontres, de la différence naît la fabuleuse cohérence de nos cheminements. De la dissonance naît la recherche de l'harmonie. Ultime splendeur de la pureté. Les hommes et le monde, des larmes versées en silence, en tempérance, dans la fureur ou l'hystérie. Les larmes d'une croyance d'impuissance, les larmes des salvatrices jouissances. Les hommes et leur monde, une histoire d'amour éternelle, le repaire de nos épreuves, le phare de nos consciences. A chaque seconde s'écrivent les mémoires du monde. A chaque seconde, se tisse entre l'un et l'autre, entre toi et moi, un fil d'Unité invisible, des pensées qui s'égarent et se
rattrapent au vol, des gestes qui s'offrent et se perdent d'avoir été détroussés de leur sens. Les hommes et le monde, des temps de vils affronts, de violences contre l'autre. Contre soi finalement... Les hommes et le monde, une perpétuelle recherche de l'attachement, un désir ardent et
inconsumable de guérison. Des blessures de désamour qui nous ont dévoré à petits feux. Pour avoir bu le calice jusqu'à la lie. L’espérance d'une universelle convalescence.
Les hommes aligneront leurs pensées, leurs espérances. Les hommes, peu à peu, retrouveront leur quintessence, leur descendance Sacrée. Nous ne sommes pas que poussières. Nous sommes flamboyantes poussières...
27 mai 2007
Snow abides
J’ai appuyé sur le bouton Play et je me suis laissée bercer.
Je t’ai vu passer devant moi sans rien me dire, sans rien chuchoter, et mon regard s’est porté, déporté, vers ce tourbillon d'émotions qui fusionne avec ta présence. Tes ombres inquiétantes et ta silhouette élancée. Que je lis belle. Que tu vois maladroite.
J’ai fermé les yeux et j’ai vu s’esquisser les traits fins de ton visage... de tes visages.
Mon âme a plongé dans tes prunelles mélancoliques et j’ai senti perler sur mon coeur tes larmes.
Autour de moi s’est ouvert un horizon de caresses infinies, d’intensité mystique. Le charme éternel de nos infinis.
De n'être pas encore né libéré, tu m’as offert des pétales de toi, griffés par la vie, adoucis de cris muets et mon univers n'a cessé de se nourrir du feu de la ferveur. Pour les peindre de ton évidence. De ta joliesse. De la minutie de ce que tu es. Et ta source s’est reflétée dans mes messagers intérieurs, avec limpidité et fulgurance. Des gouttes de vie, avec l'inaltérable soif de toi.
En coup de vent, toujours tu pars et disparais. En coup de vent, à chaque fois nos âmes se réaccordent, s'effleurent et s'effeuillent.
En écoutant ces notes apaisantes, j'ai fermé une nouvelle fois les yeux, j'ai ouvert tous mes sens. Imprudence. Et je t'ai senti près de moi, si près....Oui, si nous pouvions rebondir ensemble sur le moelleux d’un nuage, nous le ferions. Affamés, étourdis, amoureux. Enivrés de notre réverbération. Silencieusement entêtante. Doucement délicieuse.
Et la pluie, charmante et ensorcelleuse, triste et fidèle, est tombée sur chaque souvenir de ces moments. Et le rideau est tombé sur notre intimité partagée. Pour la cacher. Elle est si précieuse...
Entre ton monde et le mien, il n’est rien d’autre qu’un fil increvable et fragile à la fois, tissé d’espoir et ourlé de dérobades. Douce musique qui prend aux tripes.
Je t’ai senti passer en moi sans dire mot, sans rien me souffler, et ta versatilité a épousé ma virtuosité. En une seconde. Nos absences comme un souffle retenu. Nos présences comme les délires les plus fous. Gracieuse démence.
Je viens d'ouvrir les yeux et j'ai regardé tes pétales s'envoler. Loin. Loin de moi. Si loin. Parce que ton chemin se poursuit. Parce qu'on ne retient personne. Je te porte vers toi-même. En discrétion, en subtilité. Mon amour, je t’entoure à chaque seconde. Papillon extatique...
25 mai 2007
Des mots comme une brassée de fleurs, la brise du vent, de passage. Vite dits, déjà envolés, partis ailleurs. Le coeur serré. Sans raison réelle ou évidente. Sans raison avouable. Des mots, comme de fines entailles dans l’âme, qui réveillent des peurs insondées. Insondables. Des mots qui ressemblent à des remords. On ne peut jamais les rattraper... Des mots comme des caresses pour guérir. Qui adoucissent. Qui ternissent les larmes naissantes. Des mots comme une corde ou une main tendue, des paroles de passage nécessaires pour comprendre. Pour accepter. Pour s'intégrer. Dieu que nous sommes fragiles...
23 mai 2007
L'alliée rivale
Précise
Ou indécise
Je la caresse
Avec adresse
Sans détresse
Je l'adoucis
Avec minutie
Sans inertie
Je la cajôle
Folle
Sans monopole
Je la devine
Et l’illumine
Divine
Je la déracine
Mon ambition assassine
Je l'amadoue
La mets en joue
Je l’annoblis
Ou l'affaiblis
Je l’assouplis
Ou la démolis
Je l’élis
Ou l’ensevelis
Ta mélancolie.
22 mai 2007
Passerelle
Un pont entre la mer et le ciel
Reflets entre passé, présent et futur
Fine résonance et vibrations
Calme, quiétude et volupté.
J’entends le sang couler dans mes veines
L’ampleur de la vie
Et la cadence que mes pas lui imposent,
Complaisante réverbération.
Un pont entre doutes et certitudes,
Leurres et vérités,
Iridescence et douce luminosité
Mes épaules se sentent grandir
Ma réalité s’étire plus loin que moi
Mes yeux trouvent ces repères discrets
Qui lui sont offerts
Majestueusement.
Un pont entre moi et l’univers
Judicieusement palpable.
Avant de le franchir,
Je le regarde,
Je l’écoute.
Je te regarde,
Je t’écoute...
21 mai 2007
Distension
Dans la candeur et la profondeur
Du vide inexpressif
Tu poses un pas, l'un après l’autre
Sous la voûte de la patience
Rugissant tes désirs
Comme des ordres infondés
Démêlant tes silences épuisés
Et les remous de l'illusion
En toi l’immensité te disperse
Tu ne vois rien
Ne cherches rien
N’édifies rien
Tu marches vers l’infini
Tu es
16 mai 2007
Murmures
Comme ma pensée, qui se nourrit de rêves vaporeux et d'un réel fertile se fige, troublée, lorsque je devine la silhouette de tes doigts magiques parcourir les sillons apprivoisés de ma peau conquise et ensorcelée,
Comme mes mains gracieuses se font fébriles et élancées lorsqu’elles effleurent les lignes douces et onctueuses de tes courbures qui fondent, alanguies, sous mes frissons ardents,
Comme mon corps tremble imperceptiblement lorsqu’à ton approche, mon coeur insatiable tressaille à chaque fois à l’idée de revoir ton visage langoureux se refléter dans mes yeux assoiffés, de goûter à l'incroyable profondeur de ton regard sombre et captivant qui se déchaîne sur nos émois bouillonnants,
Comme mon oreille se fait minutieuse et pétulante lorsque tu sublimes les mots en les habillant d’un raffinement suprême, que tu les taises ou que tu les chuchotes, que tu les dépeignes de ton mystère, de ton mutisme et que tu les fasses éclabousser hardiment en artiste humble et intarissable sur les rives de ma vie,
Comme tes silences morcelés d’éloquence et de noblesse font vibrer l’écho de la fièvre jusque dans les replis insondés de mon âme, comme s’ils ne s’adressaient qu’à moi, comme si nous avions tout oublié du reste du monde après nous être voracement imprégnés de chaque frémissement de l'essence de l'autre,
Comme l'étoffe de tes étreintes fait déferler en moi un souffle crucial et palpitant de vie lorsque tu me dictes que nous sommes là en ces instants sacrés, rien que pour offrir à l'autre une présence d’exception, pour n'être plus qu'un rayon d'envergure à flamboyer, splendide, autour de son seul regard, si intense et pourtant si impalpable,
Comme le lien qui nous unit se fait pure flamme, halo de lumière éthérée...
Comme le lien qui nous unit se fait pur désir d'âmes...
Comme le lien qui nous unit se fait...
Immaculée respiration...
[ Tu vois, je pars, mais je pense à toi... ]
15 mai 2007
Périple
J’ai sillonné des chemins cahoteux
Pour tenter, essoufflée, de te retrouver
Je suis allée à la rencontre d'esprits mielleux
Qui m’ont murmuré les chants de l’été
Sur ma route parsemée de surprises
J’ai cueilli pour toi un délicieux bouquet
Des charmes, un peu de fraîcheur exquise
Pour t’offrir un peu de mes ingénues pensées
Aujourd’hui, ma robe reste intacte et légère
Même si j’ai gardé mes genoux écorchés
Mon visage s’illumine encore d'éphémère
Même si mes mains restent encore éraflées
Candide, je t'admire de toute ta hauteur
Versatile, je sautille lestement sur mes peurs
Livide, j'estompe la fontaine de mes pleurs
Timide, je t'offre un peu de ma couleur
Hésitante mais courageuse
Je gomme un à un tes traits sévères
Frêle mais miraculeuse
Je te tends les bras de mon petit univers
Toi qui ne connais que les contresens
Et qui ne sait qu'imposer ta connaissance
Je ne suis venue ici, en toute évidence,
Que pour te conter la saveur de mon innocence...
[ Texte écrit sur une idée de Cassandrali ]









